LEXIQUE
Inférence:
opération logique par laquelle on admet une proposition en vertu de sa
liaison avec d'autres propositions déjà
tenues pour vrais
Abduction:
réfère à un cas particulier, surprenant et inexplicable dans le cadre actuel de
nos connaissances, une hypothèse susceptible d'expliquer ce cas particulier à
partir d'un nouveau cadre de référence.
Tous les haricots de ce sac sont blancs. Ces haricots sont blancs. Ces
haricots proviennent de ce sac.
Induction:
infère une règle générale à partir de cas et de résultats particuliers:
Ces haricots proviennent de ce sac. Ces haricots sont blancs. Tous les
haricots de ce sac sont blancs.
Déduction:
infère un résultat constaté d'un cas particulier par application d'une règle
générale.
Tous les haricots de ce sac sont blancs. Ces haricots proviennent de ce
sac. Ces haricots sont blancs.
Paradigme:
une discipline scientifique est déterminée par une organisation mentale. C'est
ce qu'on appelle en philosophie des sciences une matrice disciplinaire ou un
paradigme, c'est à dire une structure mentale, consciente ou non, qui sert à
classifier le monde pour pouvoir l'aborder.
En psychologie par exemple on parle
du paradigme psychanalytique et du paradigme cognitiviste; ce sont deux
organisations mentales qui ont chacune leur façon d'aborder la connaissance du
comportement humain. La psychanalyse aborde la connaissance de l'être humain à
partir de la notion d'inconscient alors que l'approche cognitive aborde la
connaissance à partir du traitement de l'information. Un paradigme implique
qu'un ensemble de chercheurs utilise une méthode, des règles des principes et des instruments semblable pour aborder la connaissance.
Toute discipline scientifique est
déterminée par un paradigme ( T.S. Khun)
Épistémologie: La partie de la philosophie des sciences qui considère la
manière dont les savoirs s'organisent s'appelle l'épistémologie, en grec:
"la science du savoir".
Étude cumulative, systématique et critique des principes, des hypothèses, des finalités, des moyens et des résultats des diverses sciences, dans le but de déterminer leur origine logique (non psychologique) et leur qualité objective. Selon les différentes traditions philosophiques, la portée de l'épistémologie peut être soit éminemment spéculative (analyse de la connaissance pour la connaissance) , soit éminemment pratique (test de la validité d'une forme de connaissance, par rapport à certaines valeurs: vérité, scientificité, utilité, impact, etc.). L'épistémologie fait partie d'un ensemble de disciplines complémentaires ou parallèles. (Inspiré de A. Lalande. 1962. Dictionnaire de la philosophie. Paris. PUF).
http://www.philagora.net/epistemo/epistemo.htm
http://www.philagora.net/epistemo/rubrique.htm
Méthode
empirique
Essentiellement, la méthode empirique postule que faire l’expérience directe d’un fait ou d’un événement constitue le seul critère de vérité acceptable. La nature de cette méthode est véhiculée par le vieil adage « il faut le voir pour le croire ». En d’autres termes, on ne devrait accorder confiance qu’à l’information acquise par le biais le biais d’une expérience sensorielle. Bien que cette méthode soit attrayante, et jusqu’à un certain point recommandable, on doit être conscient des risques d'erreurs qu'elle recèle. Plusieurs recherches ont en effet démontré que certains facteurs – tels les souvenirs d’expériences passées et les motivations qui leur sont associées – influencent consi4érablement la nature des éléments de ces événements dont nous nous rappelons. Non seulement nous avons tendance à oublier des faits ou des événements, mais il arrive parfois que nous en modifions involontairement d’autres, ou même que nous en inventions. De plus, ce que nous expérimentons ne représente qu’un faible échantillon du nombre total des situations potentielles. Et il se peut que les situations ou les faits qui nous sont connus constituent un échantillon biaisé entraînant des conclusions fausses. Ainsi, si nous connaissons uniquement dix hommes qui sont tous très grands, nous conclurons probablement que tous les hommes sont très grands, ce qui risque de ne pas être totalement vrai! Par ailleurs, malgré ces divers risques d’erreur, il ne faut pas exclure la méthode empirique d’une démarche scientifique, car elle est un élément important de la méthode scientifique. Il faut bien reconnaître toutefois qu’elle n’en constitue pas l’unique composante.
Les principes impliqués sont, par exemple, ceux relatifs à la nécessité d’opérationnaliser les concepts étudies de contrôler le cadre d’obtention des mesures et de répéter l’étude d’un phénomène et ceux concernant la possibilité et généraliser les résultats obtenus.) Ainsi, la méthode scientifique est beaucoup plus exigeante que les méthodes non scientifiques et les connaissances qu’elle engendre en deviennent plus précises. Mais peut-être comprendrons-nous mieux la valeur de cette méthode après l’examen des objectifs qu’elle vise.
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OBJECTIFS DE
Le but ultime de la démarche scientifique est la compréhension totale de l’univers dans lequel nous vivons. Il ne s’agit donc pas d’identifier seulement une partie des causes sous-jacentes à un phénomène, mais bien d’obtenir une description et une explication complète de ce phénomène, d’être capable d’en prédire l’apparition et, dans la plupart des cas, de la produire. En fait les quatre objectifs de la science sont, comme le souligne Christensen (1977), la description, l’explication, la prédiction et la production.
Méthodes historiques
Les méthodes historiques regroupent l’approche de la recherche historique et celle de l’étude de cas.
Recherche historique. Que le but du chercheur soit d’obtenir des données concernant des événements passés, ou d’étudier un problème actuel en examinant ses antécédents historiques, la méthode utilisée dans les deux cas est celle de la recherche historique.
En ce qui concerne l’étude proprement dite de problèmes historiques, il est possible, à partir de certains événements connus, de formuler des hypothèses et de tenter de les vérifier en se procurant des données supplémentaires. Par ailleurs, si la recherche de telles informations n’est pas fructueuse, le chercheur ne conclura pas nécessairement que l’hypothèse n’est pas vérifiée – comme il le ferait probablement dans le cadre d’autres méthodes – mais plutôt que les données permettant de mettre l’hypothèse à l’épreuve sont absentes ou perdues, et que, au cas où on les retrouverait, il serait possible de procéder à la vérification.
La recherche historique peut également aider à résoudre des problèmes actuels par l’examen de ce qui s’est produit dans le passé. En fait, l’utilisation la plus courante de cette approche est faite lors de la recension de l’information relative au problème abordé dans toute recherche, que cette dernière soit descriptive ou expérimentale. Le but poursuivi avant d’entreprendre la recherche consiste alors à vérifier que le problème cerné n’a pas déjà été résolu, ou encore, à susciter des hypothèses. Mais la méthode historique dépasse cette étape préliminaire à toute recherche. Elle peut être utilisée pour vérifier de quelle manière des événements présents peuvent se comparer à des événements passés, survenus dans des situations semblables. Ce type de recherche comporte cependant des limites sérieuses: en effet, il est habituellement impossible de certifier absolument que les deux ensembles comparés – 1cs événements présents et passés – sont parfaitement semblables, et il est également difficile d’écarter la possibilité que des éléments qui les rendent au départ différents aient produit les effets observés.
Tout comme la recherche historique, l’étude de cas connaît deux applications. Elle peut servir à accroître la connaissance qu’on a d’un individu particulier, tout comme elle peut viser la production : de changements chez cet individu. En ce qui concerne l’acquisition de connaissances, l’objectif le plus courant n’est pas l’obtention de conclusions solidement établies, mais plutôt l’élaboration d’hypothèses nouvelles. Ce qui caractérise avant tout l’étude de cas, c’est la souplesse et la liberté avec lesquelles le chercheur peut accumuler des données sur un cas particulier. Bien qu’habituellement les faits rapportés ne proviennent pas d’une étude systématique, ils le font quelquefois (d’où le rapprochement avec les méthodes descriptives); . néanmoins, la plus grande prudence s’impose lorsque les faits sont issus de différentes études, puisqu’on retrouve parfois des différences, notables dans les techniques utilisées, même dans les études qui se veulent comparables.( Enfin, il convient de mentionner que l'étude de cas porte presque exclusivement sur des cas problèmes ou des cas cliniques. Par ailleurs, dans le domaine clinique, c’est souvent la seule méthode à laquelle il soit possible de recourir.
Toutefois, dans la réalisation d’une étude de cas, le chercheur ne jouit pas d’une latitude totale, puisque la démarche en question . comporte généralement quatre étapes qu’il est souvent difficile de distinguer. En premier lieu, il faut obtenir la description la plus complète possible de l’état actuel du problème. En second lieu, le chercheur doit obtenir des renseignements sur les circonstances passées ont conduit à la situation présente. En d’autres termes, cette seconde étape guide le chercheur dans la formulation d’un certain nombre d’hypothèses concernant les facteurs qui régissent la situation présente. En troisième lieu, il faut évaluer les hypothèses suggérées par les renseignements recueillis. Puisque la plupart des comportements ne sont pas déterminés par une cause unique, il s’agit d’éliminer certaines possibilités, et de réduire ainsi le nombre de facteurs ayant probablement entraîné la situation. Dans la quatrième et dernière étape, il s’agit de mettre à l'épreuve une ou plusieurs des hypothèses retenues à l’étape antérieure, en instaurant une forme d’action thérapeutique, puis d’évaluer à nouveau l’état actuel du problème – pour tenter d’y constater ou non les effets du traitement. Si aucun changement ne survient, la nécessité de reprendre la troisième étape et, au besoin, la deuxième, s’impose.
Elle est, dans bon nombre de cas, la première méthode utilisée lorsqu’il s’agit d’explorer un domaine nouveau. Par ailleurs, son plus grand inconvénient découle de sa remarquable inefficacité lorsqu’il s’agit d’étudier un domaine bien structuré, dont les éléments pertinents sont déjà connus. Puisque l’étude de cas est en général consacrée à un cas problème, il peut également arriver qu’on mette trop d’accent sur des aspects négatifs de la situation, de façon à limiter la possibilité de généraliser les observations à des situations normales. Enfin, les données recueillies par l’étude de cas sont souvent incomplètes ou difficiles à comparer d’une étude à une autre. Toutefois, les inconvénients mentionnés ne surpassent pas les gains énormes que peut apporter l’emploi de cette méthode dans les recherches exploratoires; par ailleurs, quand on désire obtenir des conclusions inattaquables, il faut plutôt faire appel à d’autres méthodes.
Méthodes
descriptives
Le trait
essentiel qui caractérise l’approche descriptive est sa capacité de fournir une image précise
d’un phénomène ou d’une situation particulière. On ne cherche donc pas à
déceler des relations de cause à effet, ce qui sera le propre de la méthode
expérimentale, mais on tente plutôt d’identifier les composantes d’une
situation donnée et, parfois, de décrire la relation qui existe entre ces
composantes. Cette approche d’une grande importance est largement exploitée; Helmstadter (1970) soutient même qu’il s’agit de la méthode
de recherche la plus utilisée. Il semble que les quatre méthodes descriptives
le plus couramment employées soient l’observation systématique, la méthode
corrélationnelle, la méthode utilisée dans les études génétiques et celle
employée dans les études ex post facto.
Observation systématique. La méthode d’observation systématique permet d’étudier le comportement tel qu’il se produit spontanément, que ce soit dans un milieu naturel ou en laboratoire. Le chercheur se contente alors d’enregistrer le comportement tel qu’il se manifeste, sans tenter de l’influencer. Lorsqu’elle est employée sur le terrain la méthode d’observation comporte l’avantage de fournir une représentation fidèle d’une réalité quotidienne et d’éliminer l’artificialité de la situation de laboratoire. On peut utiliser cette méthode de façon exploratoire, afin de susciter des hypothèses qui seront vérifiée ultérieurement à l’aide d’autres méthodes. Cette méthode peut également permettre d’accumuler des données supplémentaires qui aideront à interpréter des données obtenues autrement. Or – et de la découle probablement son importance fondamentale – on peut la considérer comme la principale méthode d’acquisition de connaissances pour des études conçues dans le but de déboucher sur un description exacte de certaines situations. Lorsque des observation sont répétées plusieurs fois auprès d’un grand nombre d’individus il est possible d’en arriver à définir des données normatives concernant une espèce ou un type de comportement.
En général, l’observation systématique est utilisée en milieu naturel, ce qui explique l’appellation « d’observation naturaliste » qu’on lui octroi parfois. Cependant, comme on l’a mentionné précédemment, il arrive qu’elle soit appliquée en laboratoire. Par exemple, quand un chercheur veut observer le comportement d’un poisson donné, il est coûteux et pas toujours facile qu’il se transporte avec son matériel au fond de l’océan, même si l’équipe du commandant Cousteau la fait d’une façon remarquable. Le chercheur place alors les sujet dans un milieu contrôlé – un aquarium par exemple, où il essai de recréer le mieux possible les conditions naturelles auxquelles il sont habitués – et il enregistre à son gré leurs activités. Il en est. de même à certains égards, pour l’étude du phénomène de la privation sensorielle chez des sujets humains: puisque ce phénomène se produit rarement de manière spontanée, il faut en faire l’analyse dans l’environnement artificiel et contrôlé du laboratoire.
L’observation systématique constitue la méthode de base laquelle toute science fait appel lors des premières phases de son développement. En revanche, elle présente le désavantage de ne permettre que difficilement l’établissement de liens de causalité entre les événements.
L’observation systématique rend donc possible la description exacte des comportements et leur prédiction, mais elle garantit rarement de pouvoir en dégager les facteurs de causalité. C’est pourquoi elle est habituellement employée au début de l’étude d’un problème, lorsqu’il s’agit de formuler des hypothèses qui seront ensuite vérifiées par d’autres méthodes plus précises, telle la méthode expérimentale. Cependant, lorsque le but du chercheur n’est pas d’établir des relations de cause à effet entre les événements, mais simplement de décrire avec la plus grande précision possible un comportement donné, comme c’est habituellement le cas en éthologie, l'observation systématique s’avère alors la méthode idéale et, en fait, la seule pertinente.
Méthode corrélationnelle
Tandis que par l’observation systématique, le chercheur se contente de décrire en détail le comportement des sujets observés en établissant, par exemple, des statistiques normatives, avec la méthode corrélationnelle, il va plus loin et essaie d’analyser les relations entre les différents événements qu’il mesure. L’approche corrélationnelle n’est donc qu’un raffinement de l’observation systématique, raffinement qui consiste à déterminer si deux événements sont reliés, et à exprimer l’étendue de cette relation de façon quantitative par divers estimés statistiques de la corrélation. L’élément supplémentaire que comporte la recherche corrélationnelle, par rapport à celle fondée sur l’observation systématique, réside donc dans le fait qu’on se limite à deux aspects spécifiques du phénomène à l’étude, et qu’on se demande dans quelle mesure l'apparition de l'un s’accompagne de l’apparition de l’autre. C’est ainsi, par exemple, qu’on a pu calculer qu’il existait une corrélation entre le fait de fumer la cigarette et celui d’être atteint d'un cancer du poumon, ou entre le quotient intellectuel et le succès scolaire,
Ici, comme dans le cas de l’observation systématique, le chercheur n’intervient pas directement dans la situation pour y provoquer des changements. Il peut cependant faire en sorte de déclencher l’apparition d’un événement donné qu’il veut mettre en corrélation avec un autre. Par exemple, s’il veut étudier la relation entre le quotient intellectuel et la réussite à un test de créativité, il détermine d'abord les différents niveaux de quotient intellectuel auxquels il s’intéresse. L’action qu’il exerce sur la situation consiste donc à sélectionner des événements et non à modifier un événement particulier, comme ce sera le cas avec la méthode expérimentale.
En apparence simple et précise, la méthode corrélationnelle présente cependant des difficultés relatives à l’interprétation ou à l’explication des résultats sur lesquels elle débouche. On doit considérer deux principaux problèmes: celui de la direction de l’interprétation et celui de l’intervention possible d'une troisième variable.
Examinons d’abord le problème de la direction de l’interprétation. L’existence d’une corrélation entre deux variables indique seulement que ces deux variables sont reliées ou qu’elles ont tendance à varier simultanément; toutefois, l’estimé de la corrélation n’indique pas si l’une des variables est responsable des variations manifestées par l’autre, ou inversement. Par exemple, il est possible qu’une corrélation positive existe entre les résultats scolaires et l’assiduité, Une interprétation hypothétique de cette relation peut consister à dire qu’une plus grande assiduité en classe accroît l’efficacité de l’apprentissage et entraîne donc l’obtention de notes élevées. Une deuxième hypothèse également plausible, mais inverse de la première, peut suggérer que les bons résultats scolaires poussent les étudiants qui les obtiennent à assister aux cours plus fréquemment, Or, ces deux conclusions sont injustifiées. Obtenir une corrélation entre deux variables A et B n’autorise pas à inférer un lien de causalité de quelque nature qu’il soit: A et B varient conjointement, mais on ne peut affirmer que A cause l’apparition de B, ni que B cause l’apparition de A. En cela, la méthode corrélationnelle ne permet pas de conclure à une explication causale. Toutefois, cette erreur d’interprétation est très répandue (dans les journaux, par exemple). Supposons qu’on mette en évidence une corrélation positive entre l’absorption de marijuana et l’absorption de drogues plus fortes telle l’héroïne; il serait injustifié de croire que l’absorption de marijuana est le facteur causal, celui responsable de l’absorption des autres drogues. Employée sans discernement et sans tenir compte de ses limites, la méthode corrélationnelle peut conduire à des conclusions aussi absurdes que celle qui voudrait, par exemple, que la pomme de terre pousse au crime, puisque l’étude des habitudes alimentaires des grands assassins révèle que plusieurs d’entre eux en consomment régulièrement. Il est par ailleurs possible qu’une véritable lien de causalité existe entre les deux variables étudiées néanmoins une simple estimation de la corrélation ne peut que le suggérer. L’existence réelle de ce lien ne pourra être confirmée ou infirmée que par le recours à des techniques d’analyse statistique beaucoup plus raffinées, ou à la méthode expérimentale.
Méthode
expérimentale
La méthode expérimentale est la seule qui permet d'établir une relation de cause à effet. Une fois la relation de causalité clairement établie, c’est la méthode qui fonde également la prédiction de l’apparition des événements, ce qui constitue un objectif scientifique très important.
S’il est facile à comprendre, en revanche le principe de base de la méthode expérimentale n’est pas toujours facile à appliquer. D’une part, il s’agit pour le chercheur de faire varier un facteur ou une variable et de mesurer les effets de cette variation sur le comportement étudié. Il lui faut donc mettre en place les conditions de production d’un phénomène donné par l’intermédiaire de la manipulation de certaines variables déterminantes. D’autre part, il s’agit de manière parallèle, de contrôler systématiquement tous les facteurs – autres que les variables manipulées – susceptibles d’influencer, de fausser, voire de masquer le phénomène à l’étude. C’est ce que véhicule le principe: « toutes choses égales, par ailleurs ». Si, à la suite de la manipulation, le chercheur enregistre un changement dans le comportement, ce changement ne pourra être dû qu’au facteur manipulé, puisque toutes les autres causes possibles de la modification auront été neutralisées. C’est donc cette double démarche d’intervention et de contrôle qui dote la méthode expérimentale d’une grande puissance empirique. Ainsi, dans la recherche de Haughton et Ayllon (1965) précédemment décrite, c’est l’intervention sur la distribution de cigarettes à la patiente lorsqu’elle était debout, un balai à la main, et la neutralisation de tous les autres facteurs relatifs à cette conduite, qui ont permis aux auteurs de conclure que l’obtention de cigarettes provoquait l’apparition du comportement cible.
La méthode expérimentale présente des avantages indéniables. Un premier avantage découle justement de cette capacité qu’a le chercheur de manipuler rigoureusement une ou plusieurs variables en spécifiant avec précision les conditions exactes de leur apparition, de façon à structurer une interprétation claire des résultats et à rendre possible la reprise intégrale de l’expérience pour vérifier l’exactitude des résultats obtenus. Le second avantage, et le plus important, est sans aucun doute le contrôle total de la situation de recherche. L’utilisation de la méthode expérimentale en laboratoire permet, la plupart du temps, d’éliminer presque complètement les facteurs qui pourraient être perturbants – tels le bruit ou la présence d’autrui – et de contrôler les conditions ambiantes – comme l'éclairage ou la température. Le contrôle entraîne donc un accroissement de la rigueur scientifique. Un troisième avantage est, lui, purement empirique ou pragmatique.
Hypothèse:
L'hypothèse est un
énoncé spéculatif sur des relations existantes entre une variable dépendante et
une variable indépendante; ce qui implique sa capacité de prédire des
résultats. L'hypothèse doit donc pouvoir être testée ce qui implique qu'elle
doit pouvoir être mesurable.
Variable dépendante et indépendante:
La variable dépendante
comme son nom l'indique est celle qui est modifiée par les manipulations de
l'expérimentateur. Si vous participez à une expérience sur l'alcoolisme et que
vous devez boire un litre de vin à l'heure pendant six heures vous avez de
fortes chances d'être d'une part passablement modifié par l'expérimentateur et
d'autre part de créer une dépendance envers lui! La variable dépendante est
celle dont on se sert pour prendre nos mesures, celle dont on ne connaît pas le
comportement (celle que nous soupçonnons) face à l'intervention que nous lui
ferons subir. Ainsi elle dépend mais elle dépend de quoi au fait? La réponse
n'est pas aussi simple que ça; bien sur elle dépend en principe de la variable
indépendante! (enfin nous avons réussi à la placer) mais elle peut
malheureusement, pour de nombreuses expériences dépendre de d'autres variables.
Dans l'exemple de l'expérience sur l'alcoolisme, la variable indépendante est
la quantité de bouteilles à l'heure; cette variable est indépendante du sujet
lui-même; elle est la responsabilité de l'expérimentateur. C'est lui qui la
manipule, qui la dose, qui la fait varier! Si nous résumons nos propos nous
pourrions dire:
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Le facteur manipulé par l'expérimentateur est dit variable indépendante; le facteur qu'elle modifie est dit la variable dépendante. Une variable dépendante peut devenir variable indépendante et vis versa. |